Le modelage consiste à édifier une forme à
partir de terre – glaise généralement - , de plâtre,
de cire, de plastiline, le plus souvent autour d’un support de
métal ou de bois, l’armature (selon le type d’œuvre
à réaliser). […]
La surface finale pourra être très différente :
ou totalement lissée ou grumelée, ou même présenter
presque essentiellement des aspérités rendant compte du
mécanisme même de l’opération. Le but final
est de réaliser un volume, dont l’effet de position spatiale
détermine le sens. […]
On peut procéder de deux manières, soit en enlevant de
la matière au bloc initial, soit en ajoutant de la matière
et en montant les colombins (pains de terre en boudin de 10 à
15 cm) autour du vide (comme le font certains sculpteurs contemporains),
soit en ajoutant de la matière sous forme de boulettes sur un
noyau formé d’une armature solide ou d’un grillage.
Pour la ronde-bosse, on disposera d’une selle à plateau
tournant, d’une armature en baïonnette (potence) et de fil
de fer souple ; pour le bas-relief, une planche avec quelques papillons
– pour l’accrochage – suffira.
La terre se travaille surtout avec les mains et le pouce. Elle présente
une force, une onctuosité, une plasticité, qui la rendent
très agréable au toucher, mais qui exigent un grand apprentissage
pour la manier en la faisant rouler sous le doigt, sans s’en rendre
prisonnier.
Pour travailler la terre, on peut s'aider d'outils spéciaux.
Les mirettes (boucles de fil de fer) simples ou gradinées permettent
de couper, arracher la terre, masser les volumes, fouiller les creux.
Avec les ébauchoirs (buis, ivoire, bois), on pourra définir
les plans, les surfaces tournantes. On aplanit et lisse la terre avec
les spatules. Un couteau à lame courte permet la taille des boudins
de terre. Entre deux séances de travail, il faudra naturellement
conserver la terre humide ou la couvrir avec des linges imbibés
d’eau pour éviter le séchage prématuré
de la terre. Mais on a de plus en plus recours à des sacs de
plastique. Dans le modelage ancien, on utilisait une ripe ou un rifloir
(Houdon travaille ses terres à l'outil de fer, qui crée
le grain de l'épiderme (les joues du Diderot et du Lavoisier),
en laissant un réseau de petites lignes). Ce modelé s'effectue
presque à sec. La mirette précise les mèches de
cheveux.
L'œuvre, terminée, deviendra une terre crue, si on la laisse
simplement sécher, mais elle se fend et se casse facilement,
change de proportions, ou une terre cuite si, pour une meilleure conservation
(solidification), on passe la sculpture au four (d'abord four à
bois, puis four à feu nu ; aujourd’hui four électrique).
Technique de la Sculpture,
Jean Rudel
Que sais-je ? n°1773
puf
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